makenzy

Une voix haïtienne qui mérite de se faire entendre...

"Les immortelles", premier roman de Makenzy Orcel paru aux éditions Mémoire d'Encrier au Québec en 2010, nous est aujourd'hui proposé par les éditions Zulma. Et pour un premier, avouons-le tout de suite, c'est juste un concentré de talent d'écriture.

Makenzy Orcel a démarré par la poésie - son recueil "A l'aube des traversées" est édité chez Mémoire d'Encrier - avant d'écrire "Les immortelles" et cela se sent.

Les immortelles se sont les prostituées de la Grand Rue à Port-au-Prince ; Shakira la belle, Fedna-la-pipeuse et puis celle qui prend à parti l'inconnu écrivain monté un soir au bordel pour qu'il écrive leur histoire, celle des disparues du séisme qu'il nomme 'la chose'. Pas besoin de dire son nom pour qu'elle/il transparaisse tout au long du récit.

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A propos de Makenzy Orcel :
Makenzy Orcel est né en 1983 à Port-au-Prince. Après des études de linguistique, il abandonne l’université pour se consacrer à la littérature. Il publie deux recueils de poèmes, "La Douleur de l’étreinte" en 2007 et "Sans Ailleurs", en 2009. Un recueil traversé par les thèmes de la nuit, de l’enfermement, et de l’ailleurs. Comme de nombreux écrivains qui ont vécu le séisme de 2010, Makenzy Orcel a voulu témoigner, et mettre sa plume au service de la force et de la dignité de son peuple. C’est aux prostituées de Port-au-Prince, ces « immortelles » qu’il a rendu hommage, celles dont la voix ne s’est pas fait entendre à l’heure de la médiatisation de la catastrophe. « Je ne veux pas écrire sur ce que tout le monde voit, et ce que tout le monde aime, ça ne m’intéresse pas. Je veux être dans le sous-bassement des choses. Des lettres, de la société, de tout. Haïti, c’est un pays d’ombre, et je puise dans l’ombre » (source : Étonnants voyageurs).